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Le Poème du mois : notre sélection

Le poème du mois - L'Etrave revue de Poètes Sans Frontières - Notre sélection

 

Le poème du mois.
 
Selon nos coutumes, une sélection est faite chaque mois de quelques poèmes, parmi tous ceux que nous recevons ; ils sont publiés dans cette page qui leur est réservée.
Ami poète, prends ton luth et nous donne un ...chef d’œuvre !

Voici un magnifique poème d'Apolline Marée


      Poussières d’étoiles

    Hommage à Alphonse de Lamartine

Ô pure constellation de larmes de Pyrène[1] !
tu réfléchis le vaste bleu nuit du grand large,
L’abîme bleu azur du regard que j’aime !
Un camaïeu de bleus me berce sur le rivage,
J’entends la transe, le doux murmure du gave
Couler du haut plateau, de l’obscure clairière
Et se jeter, si limpide, si pur, si grave
Dans la mer, le miroir du lac couleur d’éther.
C’est l’étrave d’un vaisseau désemparé, l’épave
De la mémoire engloutie, du passé si cher,
La rivière coule, glacée, fluide et suave
Et sourd du cœur fier de la montagne altière
Telle un wasserfall amer à l’orée d’une cave,
Telle une solitaire symphonie de Mahler.

Le soleil dessine une myriade d’étoiles
Sur l’onde apaisée et je crois voir le reflet
De tes yeux dans la toile du lac irisée :
Ils brillent de mille feux – Je lève le voile…

J’entends le frémissement des pins et des hêtres :
Ô dévoilement, je crois sentir ton être !
Une flore de beaux verts accompagnée de pierres
Ceinture le lac, inouïe, m’éblouit, me ravit,
Et la roche transparente sous la rivière
Génère un ressac, resplendit dans la nuit,
Comme une fugue de Bach qui a résonné hier.

La fontaine blême des  larmes de Pyrène
Qui a engendré une constellation de lacs
Ne suffirait pas à tarir ma vaine peine
Que je dissimule sous un voile opaque !
Mon Dieu, je soupire, tu sais combien  je l’aime !

Puisses-tu revenir mon prince, mon chevalier,
Près du gave qui clame la langueur de mon âme,
Près du lac où se mirent mon chagrin et mes larmes
Me couvrir de fleurs, de bonheur et de baisers !

 

                                                                 Apolline Marée

[1] Nymphe de la mythologie classique qui, selon la légende, fût  brûlée vive par un monstre qui voulait la posséder, qui pleura toutes les larmes de son corps, donna naissance à une constellation de lacs et donna son nom aux Pyrénées.




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