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Le Poème du mois : notre sélection

Le poème du mois - L'Etrave revue de Poètes Sans Frontières - Notre sélection

 



 

Le poème du mois.
 
Selon nos coutumes, une sélection est faite chaque mois de quelques poèmes, parmi tous ceux que nous recevons ; ils sont publiés dans cette page qui leur est réservée.
Ami poète, prends ton luth et nous donne un ...chef d’œuvre !

C'est la rentrée! et voici un magnifique Poème de Béatrice Dexheimer.



Le cri

Écoute ...
Prête l'oreille à ce silence.
Ce silence perdu
Dans notre tintamarre ...
Ce silence perdu
Car il vient des mourants
Car il vient des humains
Rongés par la famine :
Fauchés parfois
Dans leur plus tendre enfance...
La famine.
En ce siècle
Où l'on croit au progrès !
Si tu jettes du pain,
Tu leur fais une insulte !
Ceux qui pillent ou qui gaspillent
Les recouvrent de cendre !
Les riches, les puissants,
Les veulent ignorer :
Dans le labour de leurs conquêtes
Ou dans le fracas de leurs armes !
Toi qui vis pauvrement
Mais dans un pays riche ...
Ce cri !
Ce hurlement
Qui nous vient des abysses
Entends-le :
Il est intolérable
Pour ceux qui ont une âme !

              Béatrice Dexheimer


        Et voici un autre poème magnifique de Daniel Cuvilliez

Une tombe brisée

La pierre s’est brisée au tombeau de mon père
Et le vent y projette un à un des secrets
De drisses, de guindeaux, d’embruns, de baleinière,
Et l’histoire d’un môme étouffé de regrets.

La pierre s’est brisée au tombeau de mon père
Et la pluie insistante y fait couler à flots
Des ruisseaux d’illusions que le temps exagère
Et le chagrin d’un gosse étranglé de sanglots.

La pierre s’est brisée au tombeau de mon père
Et le soleil y jette un reliquat d’été :
Deux sourires mêlés, une main que je serre
Et le bonheur furtif d’un enfant transporté.

Sur la pierre brisée où repose mon père,
Je fixe mon ennui comme on pose un bouquet ;
Alors, j’entends monter la voix familière
D'un marin qui m’appelle à l’autre bout du quai.

                                                                         Daniel Cuvilliez 



Et voici un autre poème magnifique de David Schurmans-Brassart 


Bon œil !  (le gauche)

Je me baissai, pour prendre un carré de lumière
Dont l’aura m’évoquait un simple mouchoir blanc
Une larme à sécher ne tombera par terre
Tant qu’un détail infime et tel dont j’aurais vent

Viendra me soutenir, et faire voyager
D’une seconde claire un instant impromptu.
Moi, nourri de la sorte, aimant à compléter
Ce qui, n’existant pas, ne peut être perdu,

Je ne suis qu’attentif, à l’œil. Ayant les deux
Verrais-je deux fois plus ou, d’un regard louchant,
Aurais-je dans le flou mes images de chants ?

Je ne sais, mais qu’importe l’outil sur le champ
Si je retrouve encore un témoin de nos dieux
Bien inspirés de vivre encore, et sans adieux.

                         David Schurmans-Brassart


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