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Lettre à nos amis

Lettre à nos amis - éditorial de Vital Heurtebize - Président de Poètes Sans Frontières

                                                       Lettre à nos amis 


Chaque numéro de L’Étrave s’ouvre sur un éditorial du président Vital Heurtebize :

« la Lettre à nos amis »  traite d’un sujet d’actualité et de l’attitude du poète face à cette actualité. Vous en découvrirez chaque fois la pertinence voire l’impertinence ! et pourrez faire part de vos sentiments en retour.

À L’Étrave, nous sommes très soucieux pour tout ce qui relève de la liberté d’expression.

Le Poète et la grâce de l'amour

      

Je ne veux pas vous parler seulement de l’amour entre personnes de sexe opposé mais de l’amour en général, de ce que l’on croit être l’amour et de ce qu’il est vraiment.

Je commencerai pourtant par réfuter catégoriquement, sans appel, la formule consacrée : « faire l’amour » ! beurk ! On se rencontre, on se plaît, alors faisons vite l’amour. Il y a toujours eu pour moi dans cette formule, « faire l’amour », comme un petit côté bestial. Encore que les animaux ne fonctionnent pas vraiment de cette façon... il n’y a qu’à les observer pour s’en convaincre. C’est ce qu’avait dû faire notre ami Jean de La Fontaine avant d’écrire : « Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre... »

« Faire l’amour », c’est un peu comme faire autre chose et n’importe quoi, assouvir un besoin, accomplir un acte en somme hygiénique. Ou alors un passe-temps ! faire ça ou peigner la girafe... Et ça se termine par la cigarette sur le balcon ou une bonne douche ! L’amour est tout sauf sexuel ! Toute l’horreur du monde contenue dans cette minable formule : faire l’amour !

L’amour, lui, ne nous a pas attendus pour exister, il n’est pas nécessaire de le fabriquer, nous en serions tous bien incapables, nous pauvres humains ! Faire l’amour, quelle prétention ! L’amour depuis toujours existe, il EST. Nous ne pouvons que le découvrir.

Tout commence par une rencontre, certes, mais la seule rencontre ne suffit pas. Il faut que nous nous sentions portés par une mystérieuse énergie qui nous élève au niveau de conscience de l’Amour. Dès l’instant de cette rencontre, que l’on peut appeler le coup de foudre, un sentiment confus s’anime en nous : ce n’est plus le désir bestial qui nous tient mais le désir de l’ultime qui s’installe et nous envahit. L’être aimé devient sacré, et quand la passion explose, c’est corps et âme, un désir de fusion qui pousse l’un vers l’autre, l’un dans l’autre, à ne plus faire qu’un dans un amour sublimé. Un amour durable pour ne pas dire éternel, un amour qui surmonte tous les obstacles, se défie de tous les pièges, triomphe de tous les combats : nous ne sommes plus dans l’existence, nous sommes dans la vie.
Ce n’est pas une vision de l’amour qui m’inspire ces lignes, c’est l’amour. L’existence ne permet pas cette découverte, la vie oui. La vie où tout n’est que pure beauté, lumière, éternité.

Où le mensonge n’existe pas ni aucun des bas sentiments où nous nous engluons si facilement au cours de l’existence, à notre insu souvent. Heureux celui et celle qui ont été touchés par la grâce de l’Amour !

L’amour est l’essentiel de l’énergie sacrée qui est en nous et que nous déclenchons dans chacun de nos actes : s’il prend des formes différentes, amour du couple, amour maternel ou paternel, amour filial et plus généralement amour d’autrui, il est toujours le même amour sacré, énergie universelle diront les uns, énergie divine diront les autres, mais énergie assurément sublime qui rassemble toutes les autres parce qu’elle est tout à la fois partage, don de soi dans un non nobis total, tolérance et pardon, une énergie qui devrait nous guider dans l’existence et nous ouvrir le chemin vers la vie. Développons en nous cette énergie d’amour jusqu’à en déborder et l’offrir autour de nous.
                                                                                                                                 
                                                                                                                                                   
Vital Heurtebize

                                                                                                   Tu viens

Tu viens ! je reconnais ton pas dans ma ruelle,
à ta façon d’en faire crisser les graviers !
ta voix qui me réveille et par mon nom m’appelle :
je t’attendais... Mon âme et toi vous le saviez !

Vous le saviez, quand au plus fort de ma détresse,
à bout de cœur, j’appelais à cor et à cri...
Tu viens ! autour de toi, l’ombre se fait caresse
et dans mon sommeil verse un silence attendri.

Ta lumière m’émeut !... ta pureté me trouble !...
Je t’apporte l’offrande et de l’orge et du blé :
Pas un acte de moi qui n’ait en toi son double,
Par toi je me résume et demeure assemblé.

Tu m’apprends ton jardin... tu m’ouvres tes fontaines...
et mes feuillages morts revivent sous tes pas
Je retrouve avec toi, de nos amours lointaines
les jours heureux, quand l’avenir n’existait pas.

Car l’avenir n’existe plus, le temps s’arrête,
mon angoisse se fond dans ta sérénité... 
Oui, viens ! et que ton souffle à mon souffle se prête,
divins soupirs en cet instant d’éternité !...

                                                            VH.

 

 

 



            












         

 





 



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