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Lettre à nos amis

Lettre à nos amis - éditorial de Vital Heurtebize - Président de Poètes Sans Frontières

                                                       Lettre à nos amis 

Chaque numéro de L’Étrave s’ouvre sur un éditorial du président Vital Heurtebize 


« la Lettre à nos amis »  traite d’un sujet d’actualité et de l’attitude du poète face à cette actualité.
Vous en découvrirez chaque fois la pertinence voire l’impertinence ! et pourrez faire part de vos sentiments en retour.

À L’Étrave, nous sommes très soucieux pour tout ce qui relève de la liberté d’expression.

Le Poète et le nouvel ordre mondial

Je ne suis pas de ceux qui se lamentent sur le passé au motif qu’« avant c’était mieux ». Je suis comme chacun d’entre nous, comme la majorité d’entre nous, dans l’espoir d’un ordre nouveau et je dis : non, avant, ce n’était pas mieux. Avant quoi d’ailleurs ? avant qui ? Nous serions bien ennuyés de répondre à cette question pourtant toute simple.

Non ! « Avant » ce n’était pas mieux. Aussi loin que nous remontions dans l’histoire de l’humanité, peut-on citer une période où l’homme n’ait pas été autre chose qu’un loup pour l’homme ? Ne remontons pas à Mathusalem cela nous demanderait trop d’efforts et trop de temps. Limitons-nous au siècle passé dont il nous reste encore... quelques souvenirs !
Nous sortions de deux grandes guerres mondiales où les morts se sont comptés par millions. Des millions d’innocents conduits à l’abattoir par la volonté criminelle de quelques-uns. Quel que soit le motif invoqué : il n’y a jamais de bon motif pour déclencher une guerre ! pour perpétrer un meurtre !
Pas un jour sans qu’une mère ou une épouse n’apprenne la mort d’un mari ou d’un fils, ou pire, leur disparition : envolés dans la fumée d’un four crématoire, enterrés dans quelque « tranchée des baïonnettes ». Aux épouses ou aux mères de ces victimes-là, il ne reste que la tombe du soldat inconnu pour se recueillir avec les officiels du 14 Juillet, avant le bal musette du soir sous les lampions de la République.
Et je ne dirai rien de la guerre d’Algérie dont il fallut des années avant qu’on la reconnaisse comme telle ! les responsables avaient-ils honte du mot ? ou de leurs actes ?
Les évènements que nous traversons aujourd’hui, ne sont pas les moins dramatiques de notre histoire : « C’est une guerre », nous a-t-on dit. Soit, une guerre mondiale d’un autre genre. Et des voix s’élèvent pour dire qu’après, ce ne sera plus comme avant. Puissent-elles être entendues. Au sortir de la dernière guerre, il y a eu le Conseil National de la Résistance, une poignée d’hommes de tous bords politiques, qui ont souhaité que rien ne soit plus comme avant. Ils ont reconstruit le pays sur de nouvelles lois, sur de nouvelles règles, sur de nouveaux fondements... tout allait être nouveau ! Ils n’avaient fait qu’une erreur : ils avaient laissé le pouvoir aux forces de l’argent !

Qu’en reste-t-il aujourd’hui de l’École ? le plan Langevin-Vallon jamais appliqué ! de la Sécurité Sociale d’Ambroise Parat ? De Gaulle l’a mise en place mais elle a été rognée au fil des années ! de la retraite ? en voie de démolition finale ! de notre service de santé ? on a vu le combat désespéré de nos toubibs, infirmiers et autres personnels de santé dans ce qui reste de nos hôpitaux : partis à la « guerre » sans munitions, avec leur seul courage ! Du service public ? tombé en miettes ! où sont passés nos PTT ? où s'en va notre SNCF ? Du monde du travail ? N'a-t-on pas décidé de travailler plus et gagner moins sauf à gagner la sortie ? ça sert aussi à ça une guerre !
Les loups ont peu à peu repris la maîtrise de leurs affaires : l’enrichissement des plus riches sur le dos des plus pauvres. Trois guerres n’y ont rien changé sinon pour conforter ce système de choses. Avons-nous vu les actionnaires renoncer d’un centime à leurs dividendes ? Un nouveau système va-t-il advenir, la Société des humanoïdes que nous sommes, va-t-elle faire place à une Société enfin humaine ? Que tous ceux qui le souhaitent se lèvent ! que la « masse décisive » enfin l’emporte qui nous fera basculer dans un nouvel ordre du monde !

À défaut, nous continuerons, comme durant des siècles et des siècles, à courir vers une mort à présent toute prochaine. Encore un petit effort, Messieurs les loups !...
Et nous, poètes, allons-nous les laisser faire ?

                                                                                                                                 
                                                                                                                                             
Vital Heurtebize


  Chante, hurle, Poète !

Le Prince en son palais, comme ceux de naguère,
avec grandiloquence, à grands coups de menton,
tient un discours qui ne présage rien de bon,
qui prétend nous aimer mais ne nous aime guère !...

Afin de rétablir notre maison d’équerre,
nous dit-il, l’argument est toujours de bon ton,
de sa noble personne, il veut nous faire don...
en passant au besoin par une bonne guerre !

Poète, mon ami, foin de pareils discours
dignes d’un grand tartuffe : il reste peu de jours
à perdre en ces propos frelatés ! le temps presse...

 
Chante, proclame, hurle à ce monde en détresse,
dans les quartiers rupins comme aux moindres faubourgs,
ton poème d’amour qui vaut bien une messe !

                                                                  VH


                                                                                                

 

 



            












         

 





 



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