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Lettre à nos amis

Lettre à nos amis - éditorial de Vital Heurtebize - Président de Poètes Sans Frontières

                                                       Lettre à nos amis 

Chaque numéro de L’Étrave s’ouvre sur un éditorial du président Vital Heurtebize 


« la Lettre à nos amis »  traite d’un sujet d’actualité et de l’attitude du poète face à cette actualité.
Vous en découvrirez chaque fois la pertinence voire l’impertinence ! et pourrez faire part de vos sentiments en retour.

À L’Étrave, nous sommes très soucieux pour tout ce qui relève de la liberté d’expression.

Le Poète et et la fulgurance du poème


Un sonnet sans défaut vaut mieux qu’un long poème... c’est vrai ! mais pourquoi a-t-on coutume de dire pour le sonnet ce qui est vrai pour tout poème ? parce-que, sans doute, avec le sonnet, en très peu de mots, tout a été dit et bien dit. C’est vrai mais pas seulement pour le sonnet. Et je connais de courts poèmes qui sont de purs joyaux !
Je lisais dernièrement le recueil que venait de m’offrir un poète vrai, un poète dont chaque poème est une marche nouvelle dans notre élévation spirituelle : je vous parle ici de Marie-Odile Carron-Le Danois. Nul besoin de long discours pour nous dire ce qui lui tient à cœur : en peu de mots mais chaque fois le mot juste, tout est dit.
Jugez-en vous-mêmes :

Étoile dans l’ombre

Simple passeur

sans apprêt ni détour
avec
l'intelligence des humbles
le cœur des généreux
le diamant de l'humour
l'amour et la foi pour guides
il réfléchissait
la lumière


Il m’arrive assez souvent de recevoir de très beaux poèmes, très beaux mais très longs également, trop longs, et je suis triste ! car le poème serait bien plus beau encore réduit à seulement quatre ou cinq quatrains. La pensée en serait plus fermement exprimée, plus clairement aussi. L’essentiel ne se perdrait pas dans des redondances qui alourdissent le texte et lui font perdre de sa puissance, de son souffle.
Le poème n’est-il pas cet éclat de vie qui traverse notre existence ? fulgurance chargée de mystère, venue d’ailleurs nous transpercer le cœur ? Le poème n’est-il pas cet instant furtif de grâce où vibre soudain en nous cette énergie sublime qui nous relie à nous-mêmes ? Le poème n’est-il pas cette transcendance qui s’opère en nous et nous abandonne presque aussitôt, pantois et désarmés mais en même temps plus fort d’une énergie nouvelle ?
Ne cherchons pas à prolonger artificiellement cet instant fugitif de vie en un flot déchaîné qui ne laissera rien ou presque après son passage. Et laissons-nous plutôt gagner par la sérénité qui, après l’illumination, s’empare de nous et nous berce dans son silence. Écoutons ce silence résonner au plus profond de nous. Nous ne sommes alors pas loin d’atteindre à la plénitude de notre être, nous touchons au plaisir divin.
Il ne nous reste plus alors qu’à offrir en partage d’amour à ceux qui nous aiment, et même à ceux qui ne nous aiment pas, ce don que nous avons reçu. Car le poème est un don qui ne nous appartient pas. Dans l’instant même où il nous est accordé, il nous échappe : nous ne sommes que les simples passeurs d’une fulgurance qui nous a traversés.

                                                                                                                                                                      Vital Heurtebize

Plénitude divine

Ton silence peuplé de voix et de musiques
berce mes blanches étendues d’éternité …
J’écoute au plus profond de mes sens éthériques
sourdre les battements de Ta sérénité.

Sans un mot, Tu me dis tous ces appels du monde
Que là-bas, j’apprenais dans les textes sacrés …
Point de mystère ici : Ta parole féconde
depuis les anciens jours, m’ouvre à tous Tes secrets,

Mon esprit se confond dans l’énergie ultime,
qu’autrefois, par amour, Tu donnas à celui
qui marchait sur les eaux et qu’un peuple unanime
a mis à mort, comme il le ferait aujourd’hui !

Elle entre dans mon cœur, envahit tout mon être,
elle essuie à mon front l’ombre du moindre émoi,
à Ton amour divin elle m’a fait renaître :
je vis en Ta splendeur comme Tu vis en moi !

                                            Vital Heurtebize

« Les Temps accomplis » Éditions La Nouvelle Pléiade



 



                     





 


                                                                                                                                 
                                                                                                                                             



 

            












         

 





 



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